Vous êtes-vous déjà demandé à
quel moment investir sur un actif et à quel moment sortir d’un marché ?
Presque tous les marchés
haussiers traversent trois phases distinctes, et si vous pouviez reconnaître
deux d’entre elles, vous auriez énormément plus de chances d’intégrer un
marché alors qu’il a encore de beaux jours devant lui et d’en sortir avant
qu’il n’entame une descente.
Les trois phases
d’un marché haussier
Vous êtes-vous déjà tenu à
l’orée d’un marché d’investissement (actions, obligations, métaux précieux ou
biens immobiliers), hésitant et les paumes moites ?
Il arrive que vous attendiez
encore et encore, pendant que vous amis vous content les rendements qu’ils
enregistrent d’année en année – sans pour autant que vous vous sentiez plus à
l’aise. A mesure qu’un marché progresse, il semblerait que le monde entier en
profite, sauf vous. Vous attendez encore, et décidez finalement de vous
lancer. Il n’y a après tout pas de raisons que ce soit risqué. Vous plongez
tête la première et profitez de quelques mois de rendements incroyables avant
que les prix commencent soudainement à chuter et que vous découvriez que vous
avez acheté juste avant qu’un pic de prix survienne, et que la tendance est
désormais à la baisse.
Si c’est ce qui vous est
arrivé, je vous félicite pour avoir fait le premier pas et avoir survécu la
phase de l’apprentissage par l’erreur de l’éducation d’un investisseur. Voyons
maintenant comment réagissent les marchés haussiers à mesure de leur
progression, pour avoir plus de chance la prochaine fois.
Les marchés haussiers
traversent typiquement trois phases. Avec un minimum de connaissances quant
au comportement d’un marché haussier et la manière dont il traverse ces
différentes phases, vous aurez la possibilité de le suivre à mesure qu’il
évolue. Ce qui vous offrira bien plus de contrôle sur la prévision de votre
investissement.
Tous les
marchés haussiers tendent à traverser trois phases :
Phase 1. Le
déni – « La
première phase d’un marché haussier commence dès que son marché baissier
s’achève. Après un marché baissier qui dure depuis plusieurs années, plus
personne n’est intéressé par un palier. Voyez par exemple le marché des
actions du début des années 1980. Pendant plus de 16 ans, il n’est allé nulle
part. En 1966, le Dow Jones a atteint 1.000 points, et il en était encore au
même point en 1982. Il a fluctué pendant 16 ans pour terminer là où il avait
commencé. Pour les investisseurs qui avaient acheté et s’étaient accrochés à
leur investissement, cette période a été un échec. Beaucoup avaient abandonné
le secteur pour s’intéresser aux marchés en vogue à l’époque : les
obligations et les métaux précieux. Puisque les classes d’actifs fluctuent à
la hausse puis à la baisse sur de longues périodes ponctuées de
« contre-cycles », ceux qui tentent de prévoir un « prix
palier » se font parfois avoir et achètent en plein
« contre-cycle » - ils pensent acheter au moment où le prix devrait
grimper, pour finalement le voir baisser plus bas qu’ils se l’imaginaient.
Une fois qu’un véritable palier se forme, bon nombre de participants au
marché demeurent sceptiques et n’intègrent pas le marché malgré l’apparition
d’une tendance à la hausse.
Phase 2. Le mur
d’inquiétudes – Cette
phase correspond au moment où le public réalise que ce nouveau marché est en
hausse. C’est généralement la phase la plus longue des trois. Les
journalistes financiers commencent à en parler à la télévision et à
interviewer des experts. Pour rendre le jeu équitable, ils s’entretiennent
aussi bien avec des haussiers qu’avec des baissiers. Chaque expert a son
propre argument pour expliquer pourquoi d’autres experts ont tort et pourquoi
le prix devrait aller dans la direction qu’il s’imagine. Le public trouve
généralement difficile de prendre une décision si tôt, parce que la situation
est encore incertaine. Il vient tout juste d’apprendre qu’un marché est en
hausse, mais ne se souvient pas moins que pendant des années, il n’a fait que
baisser. L’un des exemples à citer ici est notamment le marché des actions de
la fin des années 1980 et du début des années 1990. Le public était conscient
que le marché était en hausse, mais a été lent à investir parce que les
baisses passées étaient encore fraiches dans son esprit.
Les termes « mur
d’inquiétudes » font référence à l’idée qu’un « marché haussier
doit toujours franchir un mur d’inquiétudes, alors qu’un marché haussier n’a
qu’à glisser le long d’une pente de l’espoir ». C’est un concept qu’il est
important de comprendre. Je me pencherai d’abord sur le mur que doit franchir
le marché haussier, et me pencherai plus tard sur le marché baissier. A
mesure qu’un marché haussier apparaît, les investisseurs se montrent
hésitants. Les sceptiques sont partout et ne cessent d’expliquer que les
récentes avancées d’un marché ne tarderont pas à être annulées. Un
investisseur qui choisit d’investir malgré cela doit décider de lui-même si
c’est bien ce qu’il veut, investir, et s’accrocher. Ce n’est qu’après plusieurs
années de gains que les sceptiques commencent à abandonner leur négativité et
à permettre aux investisseurs de se sentir satisfaits quant à leur
investissement. Une fois que les médias combinent cette nouvelle attitude
avec des graphiques de gains, un marché haussier entre sa troisième phase.
Phase 3. L’euphorie – Finalement, tout va bien. Les experts
qui étaient baissiers pendant la seconde phase ont changé d’avis et content
désormais les vertus de la classe d’actifs en hausse. A mesure que les médias
joignent la fanfare, ils commencent à y croire eux-mêmes. Ils interviewent de
moins en moins de sceptiques et offrent au public un point de vue partial.
Après des années de recherches, l’humanité a finalement trouvé le véhicule
d’investissement parfait.
Le public se met à investir en
masse et fait grimper le prix de plus en plus haut, rendant ainsi les gains
d’autant plus intéressants pour ceux qui commencent à investir. Mais une fois
qu’une majorité d’investisseurs intègre le marché, un problème commence à
apparaître. Il n’y a plus assez de nouveaux investisseurs pour
continuellement enchérir sur le prix, qui finit par voir sa hausse ralentir.
Les marchés haussiers peuvent s’achever brutalement ou entamer un long arc
descendant. C’est alors que les baissiers « glissent le long de la pente
de l’espoir ». Gardez à l’esprit que pendant cette dernière phase,
presque tout le monde est convaincu que cet investissement est infaillible.
Même après que le marché ait commencé à ralentir, les gens estiment qu’il s’agit
d’un retrait temporaire et maintiennent leur investissement voire achètent à
nouveau. Nous pouvons prendre comme exemple la fin de la bulle sur la dotcom
en mars 2000. Les investisseurs individuels comme les firmes d’investissement
étaient convaincus que nous étions entrés dans un « nouveau
paradigme » et refusaient d’admettre que la fête était terminée. Ils
continuaient d’espérer. Beaucoup ont maintenu leur investissement jusqu’au
bout et perdu une partie de leur capital.
Une fois qu’un marché atteint son
apogée, il entame une phase baissière qui se poursuit jusqu’à ce qu’il ne
reste plus de vendeurs. Ce n’est qu’une fois que tout le monde l’oublie que
le marché haussier renaît de ses cendres pour faire se répéter à nouveau les
trois phases développées ci-dessus.
Cela vous paraît-il un peu
trop simple ? Ne vous contentez pas de me faire confiance. Repensez aux
marchés haussiers que vous avez-vous-même pu observer. Vous souvenez-vous
d’avoir fait l’expérience de ces trois phases ?
Si vous deviez classer tous
les investissements majeurs dans une catégorie, dans quelle phase pensez-vous
que se trouve actuellement le marché de l’immobilier ? Et les métaux
précieux ? Le marché des actions ?
Pensez à ces trois marchés à différents
moments. Que s’est-il passé dans les années 70, 80, 90 et depuis 2000 ?
Pouvez-vous établir une tendance ?